Femme au foyer ? le bonheur!!

à 70 ans je découvre l’ordi et grace à cet outil j’essaie d’égrener les souvenirs d’une vie toute simple!

essais 13 Pascal et Bruno au service militaire

Classé dans : famille litterature — 10 octobre, 2011 @ 8:50

pascalrollain18ans.jpg PASCAL …….

Pascal ayant terminé son apprentissage, n’avait que dix -sept ans et demi. Il voulait devancer son appel sous les drapeaux, mais à son grand regret, devait attendre ses dix-huit ans.Où sinon s’engager carrément, j’ai eu bien peur qu’il ne le fasse ! C’est terrible cette impatience! Il a donc préparé son permis de conduire qu’il a obtenu huit jours à peine après sa majorité, et, sitôt dit, sitôt fait, il est parti à l’armée. Cerise sur le gâteau, il n’avait rien trouvé de mieux que de demander à être incorporé chez les parachutistes! Il a été incorporé au 6e R P I MA ( régiment des parachutistes d’infanterie de marine) à Mont de Marsan, dans les Landes. PARACHUTISTE ! Il ne m’aura rien épargné ! Mon petit dernier! Je crois qu’il restera toujours le petit dernier, les années ne changeront rien à l’affaire !  Où était-il le temps où je l’avais conduit pour son premier jour de maternelle!

Bien évidemment, je n’ai eu connaissance des frasques de mes deux lascars que bien plus tard!

Ces révélations tardives m’ont appris que : 

_ Pascal avait fait une chute en parachute, s’était réceptionné dans un arbre et avait passé deux jours, inconscient à l’hôpital , sans que nous en soyons informés!

_ Que la plupart de ses permissions s’étaient passées à faire la fête avec les copains : féria de dax et autres manisfestations de ce genre, alors que je me désolais de ne pas le voir plus souvent et lui envoyais force courrier! Mes lettres avaient  pour but de le distraire ,et pour faire bonne mesure , j’envoyais également quelques colis de spécialités et gourmandises, pour le réconforter !La maison devait forcément lui manquer! LE PAUVRE !!!!

_Qu’il avait participé à plusieurs combats de boxe!

_ Qu’il s’était porté volontaire pour partir au Tchad et qu’il avait attendu des heures, sur le tarmac du terrain d’aviation, attendant d’embarquer avec sa compagnie (ceux qui étaient volontaires !) Heureusement , l’ordre d’embarquement a été annulé et ils sont revenus à la caserne. N’empêche, il avait signé pour partir! J’enrage encore!

Il est très vite passé caporal, tout en faisant office de sergent pour diriger les stages commandos, auxquels, évidemment il participait activement devant montrer l’exemple . Dans l’effort et l’endurance physique, il était dans son élément . Celà a eu pour résultat un très beau  physique .

C’est à cette époque, que  Jean-Louis, le copain d’Eric qui participait aux sorties du samedi soir, s’est malheureusement tué lors d’un accident de la circulation. Pascal fréquentait alors la jeune soeur du pauvre garçon. Informé du décès, notre fils voulait absolument être présent pour les obsèques. Il était donc allé voir son capitaine pour demander une permission, devant le refus de celui-ci et encore très ému par la nouvelle, Pascal a mal réagi, s’est énervé et c’est le bureau du capitaine qui en a fait les frais!

Malgré le refus, il est quand même venu à l’enterrement. Bien sûr, nous pensions qu’il avait réellement une permission étant donné le motif invoqué!

Résultat : il a effectivement pu assister à l’enterrement, mais à son retour, direction la prison (militaire ) !Il n’y a pas trop souffert car son chef venait régulièrement l’en sortir pour disputer des combats de boxe où il représentait son régiment. Pour faire bonne mesure, il a aussi été dégradé et a dû faire cinq mois d »armée supplémentaires. Avant sa libération : « la quille » il a recupéré son grade. Ses supérieurs ont tenté par tous les moyens de lui faire signer un engagement supplémentaire, mais il n’a pas cédé, il faut croire qu’il était enfin décidé à rentrer à la maison !  OUF !!

pourleblogn2051.jpg BRUNO ….

Son frère était parachutiste depuis six mois lorsque Bruno est parti à son tour. Il va sans dire qu’il a également opté pour les « PARAS  » Il a été affecté à Pau à l’E T A P (l’école des troupes aéroportées ou 3e RCP)  . Il y a obtenu le brevet anglais de parachutisme . Avec lui aussi, nous avons eu droit à quelques révélations :

_ un sergent particulièrement désagréable ou plus ? En réalité j’ignore le fin mot de l’histoire. Toujours est-il que le sergent en question s’est retrouvé le nez cassé, grâce aux bons office de Bruno et que ledit bruno s’est retrouvé au  » GNOUF ! »

_ Nous habitions près de Bordeaux, région viticole par excellence comme tout le monde le sait. Arguant de sa prérogative de Bordelais, Bruno s »est institué fournisseur de vins de qualité, et celà à un prix défiant toute concurrence ! Dans cette affaire , il s’était associé avec un créole de plus d’un mètre quatre-vingt et plus de cent kilos . Sage précaution  ou simple affinité ? Un peu des deux je pense, car , la vérité etait que ces deux malins achetait un simple vin de table en « cubi » et en remplissaient des bouteilles de 75 cl . Inutile de réfléchir bien longtemps pour imaginer le bénéfice réalisé ! Ce petit trafic a duré jusqu’à ce que Bruno soit convoqué dans le bureau du sergent (pas le même que précédemment, heureusement!) Celui-ci était connaisseur en vin. Conséquence, cette fois, ç’aurait pu être Bruno qui se retrouve le nez mal en point. Il a été conduit, manu militari, pour un autre séjour en prison. Bilan final : trois mois de plus sous les drapeaux.

Il y a donc eu une époque où nous avions nos deux fils sous les drapeaux en même temps. J’avais trouvé plus commode , lorsque j’envoyais à l’un des nouvelles de la famille, lui contant chacun des évènements nous concernant, de photocopier ma lettre pour le second !Dommage, je ne pouvais pas faire de même pour les colis !

Autant pour lui que pour son frère, je suis persuadée que nous n’avons  appris ou su voir que la moitié de l’iceberg. Combien d’aventures restent encore soigneusement immergées ?

ESSAIS N° 12 LYDIE

Classé dans : famille litterature — 5 octobre, 2011 @ 3:02

Quel bonheur! A moi les magasins en compagnie de la future maman. J’ai eu la chance de pouvoir tout partager, et, bien sûr, de participer ! Elle a choisi un landau gris et jaune. Quel que soit le sexe du bébé, celà conviendrait. Lors de la naissance de tous nos petits enfants, notre premier cadeau a toujours été le landau . J’ai du mettre  un frein à mes envies de blanc et de dentelles, ce n’était plus de mise, les goûts avaient changé. L’air de rien, je lorgnais du côté des petites robes, juste au cas où ce serait une petite fille! Je me promettais bien dans ce cas, de me précipiter dans le magasin dès l’accouchement!

Le jour J nous nous sommes retrouvés avec notre fils, dans le petit salon donnant sur le couloir qui menait à la salle d’accouchement. Le courageux et très viril papa ne souhaitait pas assister à l’accouchement. Pendant qu’il fumait nerveusement cigarette sur cigarette, j’ai pu assister aux préparatifs puis à l’injection de la péridurale. Quel merveilleux progrès! Accoucher, enfin, sans souffrir,( où presque), pendant que se diffuse, en sourdine, une douce musique! Quand je pense à ce que l’on endurait pour donner le jour à nos enfants. Une vrai souffrance pourtant vite oubliée dès que l’on nous plaçait , un instant, le nouveau-né dans les bras. Les anciennes avaient coutume d’appeler les douleurs de l’enfantement : le mal joli! Oui ! Mais elles disaient aussi : si la femme portait le premier enfant et l’homme le second, il n’y en aurait pas de troisième! Allez savoir !Lorsque la naissance a été imminente, je suis allée retrouver Eric , ses beaux- parents qui venaient d’arriver et Robert. Quand  la sage-femme a entr’ouvert la porte et cherché du regard le papa, nous, les grands parents, avons bien veillé à rester en retrait. D »ailleurs le papa en question était plus près de la porte que nous! J’ai quand-même bien tendu l’oreille pour entendre : C’est une petite LYDIE! Merveilleux ! Elles pèse  deux kilos neuf cents grammes! Pas un gros bébé , mais correct pour une petite fille!

Dès l’après-midi, Bruno s’etait précipité à la clinique chargé de deux énormes compositions florales! Une, je veux bien ! Mais deux! Où alors il avait voulu compenser l’absence de Pascal , qui n’avait pas de permission ce jour là! Heureusement les fleurs étaient autorisées, ce qui n’est plus le cas de nos jours dans les cliniques.

C’était le 21 février 1986. En fin d’après-midi, nous étions Eric et moi, derrière la vitre en train de regarder Lydie dans sa couveuse. Elle avait été placée sous « lumière bleue » car elle présentait un début d’ictère. Ce n’est pas rare chez lez nouveaux-nés , mais pas si tôt après la naissance. C’etait vrai, que, malgré le halo bleuté nous la trouvions, sans nous le dire, un peu jaune. Eric a bien remarqué, à l’écart, deux médecins qui conversaient et semblaient se concerter. Bien qu’il n’est rien dit , pour ne pas jouer les alarmistes, il a pressenti, quelque chose d’anormal , persuadé que ces médecins parlaient de sa fille. Effectivement,  il fallait faire une « exsanguino » à Lydie et la transporter immédiatement à l’hôpital des enfants.

Toute la soirée, Robert et moi avons fait la navette entre la maman, qui avait bien besoin de réconfort, l’hôpital qui, nous ne comprenions pas pourquoi tardait à réaliser cette transfusion, et Eric, qui incapable de rester inactif et supportant mal son impuissance devant cette situation, avait préféré aller travailler. Celà lui ressemblait assez, dans les cas de stress extrême on ne peut pas lui parler. Certaines personnes savent assurer par leur présence et leurs paroles, les moments d’inquiètude, lui, se renfermait et ne savait  pas extérioriser ses sentiments, gardant tout à l’intérieur! A ce jour , l’âge a beaucoup adouci son caractère. Donc, il a tout de même ouvert sa boutique friterie devant la boîte de nuit. Inutile de vous dire que les clients avaient intérêt à oublier les plaisanterie habituelles!

Celà faisait deux fois que nous revenions à l’hôpital et , comme nous nous inquiétions au sujet de cette transfusion toujours pas faite, le médecin de garde nous a expliqué qu’il attendait les poches de sang chauffé, du groupe de Lydie. Dès qu’il les recevraient ils transfuserait. Depuis le scandale du sang contaminé, ils n’utilisait plus que du sang chauffé pour les enfants! Rétrospectivement on s’imagine si ce n’avait pas été le cas! Je n’ose même pas imaginer!

Un petit passage à la clinique (la personne de garde a bien voulu nous ouvrir un instant malgré l’heure tardive ) pour rassurer , si possible, un peu la maman, puis retour vers Eric (un portable aurait bien été utile alors !) avant de rentrer chez nous, il était aux environs de minuit, une dernière visite à l’hôpital nous a appris que la transfusion était faite. Le lendemain nous avons su que la petite avait, en plus, attrapé un staphylocoque doré ! Elle allait devoir subir toute une série de piqûres! Pauvre chérie!

Il a fallu attendre presque un mois avant que Lydie puisse sortir de l’hôpital. Ensuite, le bonheur ! Pas vraiment de problèmes particuliers ! Bien sûr, les ennuis que tous les parents connaissent et qui font partie de la vie, mais rien de vaiment grave. Elle a poussé tranquillement sans nous causer de soucis, une merveilleuse petite fille, facile à vivre! Un amour que j’ai eu la chance de garder très souvent, étant donné l’emploi du temps de ses parents!

Il ne pouvait y avoir qu’un parrain! Le copain de toujours! ERIC N°2. La marraine sera Nicole, puisque c’était déjà la marraine d’Eric! On ne change pas une équipe qui gagne! Elle a fait ses preuves avec le père! Oui, ce seront un bon parrain et une bonne marraine! Aucun doute à ce sujet!

Durant quatre ans , elle est restée fille unique, petite fille unique aussi, seule nièce de deux tontons gâteaux, et si elle n’était pas la seule , elle était quand même la dernière arrière petite fille de Mamie Mélia! Bien que tout ce monde , gravitant autour d’elle, l’ai choyée comme une petite reine, elle a toujours été très facile à vivre! Même pas un poil capricieuse! Et très, très affectueuse! NON! Je ne suis pas chauvine ! C’est la vérité vraie !

quelques exemples du travail de taxidermie d’Eric

Classé dans : famille litterature — 3 octobre, 2011 @ 2:05

pourleblogn2062.jpgsany0018.jpgsany0020.jpgsany0012.jpgsany0009.jpgce n’est ici qu’un tout petit échantillon, lorsque j’aurai mis la main sur son press-book (?) je vous montrerai des animaux plus importants . Cela montre bien que d’être entété , lorsque l’on veut quelque chose, ce n’est pas toujours un défaut! Il est arrivé à ce qu’il voulait , juste par sa volonté ( et la patience de son entourage!)

essais N°11

Classé dans : famille litterature — 2 octobre, 2011 @ 7:13

Eric quand à lui, durant sa dernière année de lycée, a attrapé une mononucléose  infectieuse carabinée, donc, grosse fatigue et au bout examen râté! Ensuite durant les vacances , il a travaillé dans la grande surface près de chez nous. Travail , celà veut dire salaire, fini le travail d’études, bonjour! les sorties avec les copains. Une année, lui a suffit pour se rendre compte qu’il ne ferait pas carrière dans la grande distribution! Nous sommes tombés des nues lorsqu’il a demandé notre aide et surtout l’aval de son père, pour acheter une remorque friterie, crêpes, chichis, gaufres etc…. et la tournée de fêtes et manifestations diverses qui allaient avec. Dans ces années là, fêtes et foires attiraient du monde. Bien évidemment, nous l’avons aidé (sous forme d’un prêt) nous devions penser aussi à ses frères en cas de besoin.

Et voilà comment, à vingt ans à peine, notre fils est devenu forain. Milieu très particulier où il faut prendre garde, dès le début, à ne pas se faire marcher sur les pieds tout en respectant soi-même les règles établies depuis longtemps. Son père, un peu inquiet quand-même ,lui faisait de très nombreuses visites sur le lieu des manifestations , pour se rassurer. De toutes façons, au début , il lui manquait souvent quelque chose, du sucre , farine ….. lorsque ses prévisions étaient dépassées. De plus je sais qu’il appréciait notre visite, surtout lorsque le monde se bousculait devant sa boutique .Pascal est celui qui, depuis ses quinze ans a le plus participé à cette aventure. Dès sa semaine de travail terminée, il partait avec son frère sur les fêtes. C’était le champion de la pâte à crêpes et à chichis! Bruno, lui, avait ce milieu en horreur! Pas question de  compter sur lui, sauf en cas de vie ou de mort!

C’est à ce moment qu’Eric a rencontré sa femme. En fait il la connaissait déjà, puisque nous étions presque voisin quand nous habitions notre première maison. Ils avaient fréquenté la même école primaire, et s’étaient perdus de vue ensuite. L’année suivante  : organisation du mariage dans la joie. Double bonheur puisque BEBE était en route. Ils ont trouvé un petit appartement près de chez nous.

Notre belle-fille s’est très rapidement et efficacement, malgré sa grossesse,investie dans ce travail nouveau pour elle. Le milieu de la semaine laissait beaucoup de temps libre, alors Eric a décidé d’apprendre par lui-même l’art de la taxidermie. Il avait toujours potassé le sujet et jugé qu’il était temps, pour lui, de concrétiser son projet. !Pour cela, il a squatté, chez nous, son ancienne chambre. Cela n’a pas été très facile, mais il était persuadé que ce métier était fait pour lui. Après pas mal d’échecs (les animaux ratés  finissaient à la poubelle) après aussi beaucoup de moments de colère, de frustration, de déception, de découragement et j’en passe,il est enfin parvenu à un résultat qui le satisfaisait. Lorsque son père a enfin, approuvé son travail, comme il savait que le jugement paternel était sans indulgence, il s’est senti prêt à s’installer. Robert a eu connaissance d’un petit local à louer. Lorsque nous l’avons visité, j’étais effarée devant son état de délabrement. Cependant, fait d’importance, le montant du bail était plus qu’attrayant! La banque a  accordé un prêt. Eh! oui! c’était l’époque bénie où une banque vous faisait confiance ! Et toute la famille s’est mise au travail. Père, frère, oncle, aucun n’a ménagé sa peine. Local loué en juin, ouverture prévue en septembre : ouverture de la chasse oblige! Vitrine, carrelage, sanitaires,comptoir (oeuvre d’Eric N°2, toujours fidèle et dévoué) décoration, fournitures diverses etc…. cela a été un gros travail, mais le jour dit, tout était prêt!!

Durant douze ans ils  ont tenu le magasin, tout en continuant les fêtes et durant l’hiver, les week-ends,  Eric posait sa boutique devant une boîte de nuit.

En ce qui concerne la taxidermie il a rapidement gagné une véritable reconnaissance de la qualité de son travail. Même de la part du taxidermiste qui avait voulu nous décourager cinq ans auparavant. Evidemment, on se doute bien qu’il n’était pas ravi d’avoir un concurent, mais il a bien été obligé de faire contre mauvaise fortune bon coeur!

Eric chargé de famille, ne devait pas faire son service militaire Cela ne le perturbait pas le moins du monde! MOI NON PLUS!

Bruno gagnant bien sa vie, n’était pas pressé . MOI NON PLUS !

Il était grand temps que je me lance à coeur perdu dans les préparatis de la layette. Fille ou garçon ? Impossible de savoir à l’échographie, ce sera la surprise. En secret, je souhaitais une petite fille.

UNE PETITE FILLE ! MA PETITE FILLE ! J’ALLAIS  ETRE GRAND-MERE  !!!!

ESSAIS N° 10,

Classé dans : famille litterature — 2 octobre, 2011 @ 1:53

sany00221.jpg Voilà un peu ce que cela donnait lorsque le petit frère portait le grand !!!!!

C’est à cette époque, également, que Mamie Mélia, ma mère, est venue s’installer chez nous. Depuis le décès de mon père, elle avait coutume de venir chez nous tous les week-ends. Elle travaillait la nuit comme débardeuse aux Capucins (les halles) de Bordeaux. Tres dur!  A plus de soixante dix ans et une vie toute dévouée à ses huit enfants, elle avait bien mérité de se reposer. C’est Robert qui en a pris la décision, et je lui en ai été très reconnaissante. Je vous le disais : caractère parfois difficile, mais un coeur énorme!

Dans la foulée, nous avons vendu notre maison pour en faire bâtir une plus grande. Ainsi, chacun avait sa chambre.

Quel cadeau pour les enfants! Une grand-mère toute à leur service! Entièrement dévouée à leur bien-être!

Pour sa première année d’apprentissage, durant l’automne et l’hiver, Bruno se rendait à son travail en bus. Puis au printemps, nous lui avons acheté un vélomoteur. On en rit encore, car, vu la petite taille de mon fils, j’avais refusé, catégoriquement d’acheter un vélomoteur trop important. Il avait donc hérité d’un (à mon avis) très joli Peugeot 102 bleu. Le problème , c’est que nous n’avions pas réfléchi que Pascal, lui, devait attendre encore un an , avant d’avoir le droit d’en utiliser un .Cette situation impliquait, qu’en attendant, Bruno portait son frère.Hors, le frère en question, le dépassant déjà d’une bonne tête, le surpassait encore plus une fois assis derrière lui! La conséquence était que, lorsqu’il croisait les gendarmes, ils se faisaient systématiquement arrêter, et voilà ce que celà donnait:

Le gendarme       : comment tu t’appelles ?

Bruno                   : Bruno.R

Le gendarme       : Et toi ?

Pascal                   : Pascal R.

Le gendarme s’adressant à Pascal : Pourquoi tu laisses ton petit frère conduire ton vélomoteur ?

Pascal                 : Mais, non! c’est mon grand- frère!

Le gendarme     : Tu te fous de ma gueule ? Tu descend! Et toi , le sois-disant grand-frère , tu montes derrière, et attention! on  vous a à l’oeil!

Et nos deux lascars repartaient, Bruno penaud et vexé, et Pascal tout heureux! Pas longtemps, Bruno avait vite fait de récupérer sa place dès qu’il n’y avait plus d’uniforme en vue

A l’époque je circulais moi-même à vélomoteur. Celà incluait le port d’un casque obligatoire. Je m’étais donc acheté le casque le moins important  et le plus coquet possible ! J’avais trouvé un petit casque qui rappelait un peu les casques de chantier, d’un superbe jaune éclatant!  Donc, comme Pascal n’avait pas encore de vélomoteur, d’où pas de casque, lorsque son frère le portait il fallait que l’un des deux prenne le mien ! Le choix était vite fait, la tête de Bruno étant plus petite que celle de son frère c’est à lui que revenait le grand bonheur de coiffer « crâne d’oeuf! » , ainsi baptisé par le même Bruno, toujours moqueur  et profondément humilié! Pascal, lui, l’air goguenard, enfilait le casque intégral, en forçant un peu. Aujourd’hui, je  me demande comment cela se passait une fois qu’ils avaient tourné le coin de la rue et se trouvaient hors de notre vue! Avec tout ce que j’ai appris depuis, je suis persuadée que Bruno  menaçait de laisser son frère aller à pieds s ’il ne récupérait pas son  » intégral » quitte à ce que Pascal  porte  « crâne d’oeuf, » juste sur le haut de son propre crâne! Impossible qu’il ait pu l’enfiler complètement ! Je pense que l’échange devait être accompagné discussions très peu sympathiques!

Tous les deux ont fait trois ans d’accordéon, alors qu’ils souhaitaient apprendre la trompette! Surtout parce-que leur père ayant été un excellent joueur de clairon (depuis très jeune et durant son service militaire) donc, pour eux, la trompette, ç’aurait été encore plus fort! L’ennui c’est qu’il n’y avait pas de cours de trompette près de chez nous.  Comme je n’avais à l’époque, pas encore mon permis de conduire pour les accompagner aux leçons de musique ( je ne l’ai passé qu’après l’avoir payé à chacun de nos enfants) , le professeur nous avait convaincus de commencer par l’accordéon, ainsi, ils auraient des notions de solfège qui pourraient toujours leur servir s’ils voulaient ensuite changer d’instrument.

Donc, après quelques concours régionaux assez satisfaisants, ils ont été sélectionnés pour participer au concours national à Paris. C’était le première année d’apprentissage de Bruno et la dernière année de collège de Pascal. Deux mois avant le concours, Bruno a fait une chute.Comment? Cela restera un secret pour moi! Ses explications ne m’ont jamais vraiment convaincue! Toujours est-il qu’il se plaignait d’avoir mal au poignet. Cela ne l’empêchait pas de se rendre à son travail à mobylette quand même! Hors de question pour lui de manquer un seul jour. Donc, tous les soirs,durant les répétitions d’accordéon que son père, inflexible, suppervisait,  le trouvant douillet ou paresseux , ça rouspétait dur!  Jusqu’au jour où ,excédée et voulant en avoir le coeur net, j’ai embarqué mon fils chez le médecin, puis dans la foulée, chez le radiologue, pour finir à la clinique afin de poser un plâtre! Bilan : fracture! Heureusement , il s’agissait du poignet gauche, et Bruno a repris le bus pour se rendre à son travail!

Au final , quand même une médaille d’argent pour Pascal et une d’or pour Bruno! Pas trop mal, vu les circonstances! En bonus, trois jours à Paris dont une demi-journée passée à la foire du trône. Pour celà Bruno avait économisé toutes ses heures suplémentaires depuis trois mois, et, bien sûr il a partagé avec son frère, comme d’habitude!

Le comble, c’est que au cours de ces conversations dont je parlais plus haut, j’ai appris qu’ils cachaient soigneusement à leurs copains de quel instrument ils jouaient car l’accordéon était jugé ringard ! La HOOONTE!! Celà explique pourquoi ils s’en sont désintéressé petit à petit. Encore aujourd’hui ils nous  font grief de notre choix. Gentiment! mais c’est dit quand même  !C’est tout juste si on ne les a pas traumatisés ! S’ils croient que l’on va culpabiser,  ils peuvent toujours rêver!

Pascal il est vrai, était beaucoup plus passionné par le fooball qu’il pratiquait avec bonheur . Le physique a toujours été son domaine de prédilection!

Bruno s’est investi passionnément dans son travail!

Tous les deux ont profité d’autorisations de sorties, beaucoup plus tôt que leur frère aîné, car celui-ci les emmenait avec lui. Pour commencer , occassionnellement puis, comme tout semblait bien se passer, plus souvent. Le samedi soir, notre maison devenait le lieu de rendez-vous des copains d’Eric : Eric N°2 bien sûr, Jean-Louis, qui malheureusement décédera trois ans plus tard dans un accident de voiture, Jacques, le cousin de Jean-Louis un italien exubérant, tête brûlée et bagarreur et pourtant excessivement gentil et respectueux qui, lui,avant de partir, prenait toujoursle temps de passer par le salon pour converser un peu avec Mamie Mélia  et faire avec elle une partie de petits chevaux.Tous s’étaient largement parfumés et, bien évidemment aucun ne portaient le même parfum! Je vous laisse imaginer le sillage qu’ils laissaient derrière eux. Suffoquant!

Notre belle-soeur Nicole et son mari Guy (dit Guitou), depuis des années, venaient manger avec nous le samedi soir .Nous avons toujours été très proches car Nicole , ma nièce, avait connu Guitou, le jeune frère de Robert, lorsqu’elle venait avec moi rendre visite à mes futurs beaux-parents , durant le séjour de mon fiancé en Algérie. Ils étaient très jeunes alors, ils se sont plus, et cela a abouti à un mariage. Voilà comment de tante et nièce , nous nous sommes retrouvées avec le statut de belles-soeurs!

Donc, pour reprendre le fil de mon récit, généralement, nous étions à table lorsque les jeunes arrivaient et leurs effluves entêtantes se mêlaient aux odeurs de cuisine, pendant que nous leur servions un café. Nicole ne supportait pas (c’est toujours le cas) le parfum. La pauvre n’était pas loin de suffoquer et attendait avec impatience leur départ pour aérer la pièce avec volupté ! Le cérémonial du samedi soir accompli, dans le calme et l’oxygène retrouvés, nous reprenions notre repas.

Cependant, avant qu’ils ne partent, pendant que Pascal et Bruno piaffaient d’impatience, Robert avait renouvelé ses recommandations. Son regard bleu les fixant droit dans les yeux, chacun leur tour, il leur confirmait qu’il les tenait pour responsable de la sécurité des plus jeunes. C’est tout juste s’il ne leur faisait pas prêter serment ! D’après ce que j’en sais, ils ont toujours tenu parole. Les petits frères de Rocky devenaient, pour la soirée, leurs petits frères! Et ces soirs là la consigne était : pas d’embrouille!

Lorsqu’ils sortaient seuls, c’était différent. Je dirai pour simplifier, que les deux Eric, Jean-louis, Jacques et d’autres, s’ils ne cherchaient pas la bagarre ( aujourd’hui , j’ai quelques doutes à ce sujet!) ne faisaient rien non plus pour l’éviter. Ces soirs là, ils ramenaient quelques plaies et bosses, ce qui, le lendemain en se remémorant la soirée de la veille les faisaient rire de bon coeur ! Personnellement, celà ne m’a jamais amusée. Bien au contraire! Comme toujours, le père , rouspétant pour le principe, était beaucoup plus indulgent dans ce genre de situation. Il pouvait comprendre! BOF!!!

essais n°9

Classé dans : famille litterature — 1 octobre, 2011 @ 10:26

Je vous ferai grâce des détails concernant l’adolescence : les colères, sentiments de persécution, déprimes, petits chagrins d’amours adolescentes, boutons disgracieux qui pourrissent la vie et ne veulent pas guérir, la voix qui mue, les disputes avec les copains, voire les bagarres!Les chamailleries avec les frères dont on ne peut pourtant pas se passer : avec qui d’autre faire les bêtises? L’impression que le monde entier se ligue contre vous . Le pauvre malheureux clame avec désespoir : c’est toujours de ma faute! J’en ai marre! Et l’on entend dans le couloir claquer brutalement la porte de la chambre du pauvre incompris!Et j’en passe!

Vous vivez celà une fois, bon! On sait que c’est inévitable. Mais lorsque vous avez le « bonheur » de voir se renouveller trois fois ces années perturbantes, je vous assure que pour le dernier à subir les affres de l’adolescence, vous manquez pas mal de compassion! Vous attendez patiemment que votre malheureux enfant finisse de souffrir, si possible en silence, et en vous fichant la paix! Déjà que soit disant , vous ne comprenez jamais rien, de toutes façons! Pourtant vous êtes patiente :

MAIS VOUS VOUS RENDEZ COMPTE  :  TROIS !!!!

Beaucoup plus tard, lors de conversations à bâtons rompus, le plus souvent au cours de repas de famille, la conversation s’engagera autour du souvenir des années écoulées.

Ce seront surtout les enfants qui se raconteront et nous découvrirons à chaque fois, un évènement nouveau  qui nous avait échappé à l’époque et qu’ils se remémoreront avec un plaisr évident, nous laissant abasourdis.Robert moins que moi. Se souvenant de ses jeunes années il avait sû deviner bien plus de choses que moi!Ce n’est pas aux vieux singes qu’on apprend à faire la grimace!

J »ai ainsi , enfin ! compris pourquoi les vélomoteurs de mes enfants devenaient un tas de ferraille beaucoup plus vite que ceux de leurs copains. Pourquoi, également, lorsqu’ils étaient tombés de leurs engins, ils ne se plaignaient jamais malgré les plaies et bosses fréquentes. Ce n’était jamais de leur fautes mais de celle des automobilistes qui les serraient de trop près en les doublant, d’où : » CHUTES  INEVITABLES » !De plus, ces dangereux conducteurs ne s’arrêtaient même pas pour voir si nos enfants s’étaient blessés sérieusement lors de la chute! NON! à chaque fois, ils continuaient leur route. Cela me mettait en rage, et je sortais mercurochrome et sparadrap!

En fait, l’explication est toute simple. La réalité , c’est que mes  adorables, raisonnables et prudents gamins, se rendaient dans un pré , et là, s’adonnaient avec bonheur , témérité et inconscience à la pratique de cross, rodéos, poursuites et autres formes de gymkhanas sur leurs engins. Il faut dire que nous avions acheté à leur frère aîné trois ans auparavant, une moto pour se rendre au lycée. En compagnie de son copain, lequel portait le même prénom que lui ( à l’époque, pour les différencier, hors du cercle familial, notre fils est devenu Rocky!)tous deux venaient faire pétarader leurs motos à la sortie du collège, se faisant bruyamment remarquer pour la plus grande fierté de Pascal et Bruno qui se sentaient protégés, si le besoin venait à s’en faire sentir! Eric « le copain » (je l’appellerais Eric n°2) fils unique , se sentait investi de la même responsabilité vis-à-vis des petits frères de Rocky. De vrais gardes du corps!

Eric a pleinement assumé son rôle de frère aîné , de leur enfance à l’âge adulte. Il les a conseillés, soutenus, défendus,protégés, et, se sentant soutenus de la sorte, il est evident qu’ils en ont usé voir abusé! Bien plus qu’un attachement fraternel, naturel en somme, ils s’est instauré entre eux, dès l’enfance, une complicité profonde. Les plus jeunes s’identifiant à leur aîné, dont les avis et jugements tranchants et sans appel, faisaient force de lois à leurs yeux. Cet esprit de famille que nous avions voulu leur inculquer a développé chez eux et entre eux  une confiance jamais démentie. Jamais! Ils ont pourtant traversé des situations qui, au cours des vingt dernières années, auraient fait exploser une fratrie moins soudée. Il y a eu de sévères tensions, des moments difficiles à vivre, mais l’entente est toujours là, aussi inconditionnelle et l’esprit de solidarité toujours présent.

ESSAI N° 8

Classé dans : famille litterature — 20 septembre, 2011 @ 8:20

JUSTEMENT! Si l’on parlait un peu de mon époux!

J’ai rencontré Robert lors d’un bal , un dimanche après-midi.C’était à ‘lépoque la seule sortie qui m’était autorisée (et encore pas tous les dimanches!), bien que je travaille très dur à l’usine de chaussures  près de chez moi. Je ne peux pas dire de mes parents qu’ils étaient « cool ». Pas du tout, c’était plutôt  carrément l’inverse !Il faut savoir que dans les années cinquante, j’avais seize ans et les critères d’alors, en mesure d’éducation n’avaient rien à voir avec ceux de notre époque! Robert, lui, en avait dix-huit et c’était un garçon, ce qui changeait tout évidemment! Il  travaillait dans une scierie et le samedi et le dimanche il cumulait d’autres emplois.Déjà, il n’économisait pas sa peine : il cassait  des poteaux electriques en ciment pour en extraire le fer torsadé qui se trouvait à l’intérieur, celui-ci était ensuite utilisé  en maçonnerie.Pour cela , il se servait d’ une masse et avait souvent les mains pleines d’énormes ampoules! Durant l’été, il travaillait aussi avec un artificier pour tirer des feux d’artifices ! Il y avait longtemps qu’il travaillait ,et, bien sûr , il jouissait d’une liberté totale depuis tout aussi longtemps, c’était  alors, une des prérogatives du sexe masculin ! Il ne faut pas chercher plus loin pour, comprendre pour quelles raisons les filles de ces années là , auraient bien voulu naître garçon!

Nous sommes tous les deux issus de ce que l’on appelait alors avec beaucoup de commisération, une famille nombreuse . Imaginez : une fratrie de dix enfants chez lui, et de huit chez moi!Avec le recul, je ne peux m’empêcher de plaindre nos mères! Pourtant si la vie était dure , je n’ai pas souvenir que nous nous soyons jamais apitoyé sur notre sort . Peut-être que la très grande tendresse qui régnait au sein de ces familles , justement » nombreuses »compensait le manque de moyens auquel nous étions habitués et nous a appris, peut-être pas à tous, mais en tout cas, pour Robert et moi ce fut le cas , la solidarité familiale. Nous avons fait tous notre possible pour inculquer à nos garçons ce même  esprit.

Nous fêterons au printemps prochain nos noces d’or. Au vu de ce qui se passe autour de nous, je pense qu’un couple de vieux mariés comme nous, sera bientôt une espèce en voie de disparition!

Lorsqu’il est revenu d’Algérie après avoir passé vingt huit mois sous les drapeaux , nous nous sommes mariés et il est entré à Société Lyonnaise des Eaux , la :SLEE . il y a commencé comme simple terrassier, rémunéré « a la tache ». Il devait creuser une tranchée de cinq mètres de long, dans n’importe quel sol, pour poser les canalisatons d »eaux. Plus il ouvrait puis refermait de tronçons de cinq mètres, plus il gagnait d’argent. Au bout de trois années de ce travail harassant, il fut rémunéré au mois, puis ensuite stagiaire et enfin titulaire. Son but était atteint. Ayant travaillé très jeune, il est bien évident qu’il n »avait pas suivi de formation particulière après l’obtention du certificat d’études primaire. Il a toujours compensé ce qui , pour lui ,était un manque, par un travail acharné. De taille modeste, en gros soixante et un kilos ( à l’époque !) il s’est retrouvé en compétition avec des hommes beaucoup plus corpulents. Rapidement, il a acquis une réputation de bosseur sur lequel on pouvait compter , aussi bien de jour comme de nuit. Il était toujours volontaire.Ains il a assuré à notre famille la sécurité et nos enfants n’ont jamais manqué de rien.

Sa politique éducative envers nos enfants était en somme très simple!  Outre un respect inconditionnel, il exigeait d’eux, honnêteté, vaillance, franchise et responsabilité de leurs actes, quelles qu’en soit les conséquences. Il leur a toujours fait confiance et son comportement, en toutes circonstances, par son exemple, leur a appris la droiture et autres qualités qui ont fait d »eux des hommes dignes d’estime. Comment aurait-il pu agir autrement? Il n’a jamais su gerer, quelle que fut la situation qui se présentait , qu’une solution en ligne doite. Ne donnant que des réponses sans ambiguité. Un accord amenait un oui, un désacord se soldait par un non.Bien rares furent les fois ou il a changé d’avis ensuite quoi qu’il lui en coûte! J’appelle cela la qualité de ses défauts, car parfois ,cela frisait l’entêtement.Avec le temps , j’ai appris à ne pas le heurter de front lorsque je voulais lui faire prendre la décision que je souhaitais.Je savais qu’ensuite il ne  reviendrait pas sur cette décision. Il ne s’agissait pas de rater mon coup ! Je crois que nous sommes, nous, les femmes, très adroites à ce petit jeu! Le dicton ne dit-il pas : Je suis maître chez moi mais c’est ma femme qui commande! Le truc est de tenter habilement  de commander, sans, surtout, en avoir l’air ! Bien que ce ne soit pas toujours facile , au moins on a essayé !

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Essais N° 7

Classé dans : famille litterature — 18 septembre, 2011 @ 2:35

Cest bien connu , les enfants n’écoutent jamais les conseils : ils ont grandi quand même !!!

Après la maternelle, le primaire! Aucun problème en ce qui concerne l’aîné, pas de soucis Eric était un oetit élève sérieux et studieux. Le second avait davantage de facilités mais n’en faisait pas plus que nécessaire. Aujourd’hui une mauvaise note, demain une excellente pour rétablir l’équilibre! Pascal, quand à lui, nul en math, excellent en français, était beaucoup plus intéressé par le foot que par les études! Donc, durant cinq ans, la vie a continué, tranquille, comme pour bon nombre de parents.

Une étape de plus à franchir lors de l’entrée au collège. Eric, comme les années précédentes avait des notes très correctes mais cela lui demandait beaucoup de travail. En troisième , le dossier d’orientation à remplir nous posa quelques soucis car il espérait devenir taxidermiste.Renseignements pris il n’y avait pas de centre de formation près de chez nous. Le taxidermiste que nous connaissions puisque c’est lui qui naturalisait depuis plusieurs années, les oiseaux que nous offrions à Eric pour toutes les occasions: anniversaires, Noel etc…nous découragea en ne nous présentant que le côté négatif du métier. Avec le recul , je me rends compte qu’il en avait vraiment rajouté  ! Donc pour tenir compte du choix de notre fils et des connaissances déjà approfondies qu’il avait concernant la nature et les animaux, nous l’avons inscrit au lycée agricole option générale.

Pour le second, cela ne fut pas très facile. Comme il était extrèmement doué en dessin son professeur nous conseillait de lui faire redoubler sa troisième car il était trop jeune pour pouvoir entrer au beaux arts. AUX BEAUX ARTS!!! Alors là! Cela fut une autre affaire!Son père n’était absolument pas d’accord.Ce n’était pas une option envisageable! Réussite beaucoup trop incertaine! Jamais nous n’enverrions notre gamin, même avec un an ou deux de plus, fréquenter ce milieu artistique! La bohême c’est bien joli,mais dans la chanson!Pour le retrouver ensuite, barbu,fauché et les cheveux longs!D’ailleurs, c’est bien connu , les artistes peintre ne sont célèbres qu’après leur mort! Gros dilemne car Bruno , c’était exact, a vraiment une prédisposition pour tout ce qui est artistique! Il avait déjà un dossier de ses dessins qui, selon son professeur, était excellent. Nous avions donc , en désespoir de cause, décidé de le laisser redoubler sa troisième (de toutes façons il n’avait jamais redoublé auparavant), après, nous verrons bien! Lorsque, tout à fait par hasard, je suis tombée sur l’annonce d’un atelier de graphisme qui recherchait un apprenti( il fallait avoir un dossier à présenter) et proposait en outre une formation de photograveur. N’ayant rien à perdre, sans trop d’espoir, j’envoyais immédiatement une demande de rendez-vous.Peu de temps après, un courrier nos proposa un entretien. Nous y avons accompagné notre fils, pour nous ce n’était encore qu’un gamin!L’entrtien s’était plutôt bien passé, le patron de l’agence avait conservé le dossier de dessins  et devait nous tenir au courant! Quelle ne fut pas notre surprise lorsqu’une lettre nous a informé que sa candidature avait été retenue parmi plus de vingt-cinq postulants beaucoup plus agés. La joie de notre fiston à cette annonce faisait plaisir à voir!

Il faut dire que Bruno était très petit et menu. Imaginez un peu à quatorze , je l’habillais en douze ans maximun, et encore! De plus Robert avait été très catégorique: aucun problème si les heures de travail n’étaient pas scrupuleusement respectées , à condition que Bruno prépare sérieusement le CAP de photograveur en plus de la formation de graphiste, et que dans le cas d’heures supplémentaires elles soient récompensées. Toute peine mérite salaire. J’avais trouvé qu’il était un peu sec, mais au moins les choses étaient claires!

Le père était satisfait! Photograveur! un CAP!Cela fait quand même plus sérieux!,

Il a fallu passer par l’inspection académique pour obtenir l’autorisation de signer le contrat d’apprentissage ( où, d’ailleurs, on m’a carrément demandé si je n’avais pas honte de lancer mon enfant si jeune dans le milieu du travail!) Fort heureusement la conseillère d’orientation nous a été très favorable.

Ce CAP se préparait en trois ans et Bruno l’a obtenu en deux.Son employeur l’a gardé comme graphiste.Il faut savoir que dans les années quatre-vingt, un graphiste ne travaillait pas encore sur ordinateur du moins pour la création , en particulier d’étiquettes de vin, alcool, sirops ou autres produits le plus souvent alimentaires.Le travail se faisait à la main: pinceau ou plume.C’était vraiment un travail nécessitant  outre du  talent , beaucoup de précision et un réel esprit créatif. Pour cette dernière année, considérée comme apprentissage malgré l’obstention de son CAP (décision de l’inspection académique, vu l’âge de Bruno , l’employeur était obligé de respecter les trois ans du contrat d’apprentissage) Il  a eu droit par contre ,à une prime de dix pour cent sur le montant de chacune de ses créations acceptées par le client. Il s’est donc retrouvé très tôt à bien gagner sa vie!

Puis est venu le tour de Pascal! A part en français, pas de quoi pavoiser quant aux résultats scolaires. J’ai d’ailleurs appris plus tard que mon petit dernier n’était pas le petit ange que je voulais absolument voir! Evidemment! J e ne me souviens qu’il m’ait ramené de mots de professeur ou de mauvaises notes! Et pour cause! Bruno a pour son frère utilisé son talent (il est le seul à savoir reproduire ma signature!) il signait donc allègrement, à ma place les punitions de son petit frère!

Donc, Pascal voulait travailler. Contrairement à son frère si menu, il a toujours été bien charpenté, robuste et attiré par le sport et les efforts physiques, fier de son endurance.

Son père n’a pas discuté longtemps.

- tu veux vraiment travailler ?

- oui

- que veux-tu faire?

-comme toi, plombier

- tu es sûr ?

- certain !

- tu as bien réfléchi ?

- oui!

- bon !

La semaine suivante :

Son père: – je t’ai trouvé un patron, tu commence lundi.

Pascal     : – lundi quand ?

- lundi prochain

- mais, le collège s’arrête jeudi!

- eh! bien ! il y a un problème ?

- mais c’est les vacances!

- tu veux travailler ou continuer tes études ?

- travailler, mais…

- il n’y a pas de mais! tu embauches lundi ! Tu auras droit à deux jours et demi de congés par mois de travail.

Et voilà ! Bien que je synthétise un peu, celà c’est à peu près passé ainsi !  Du robert pur jus!

essai N°6

Classé dans : famille litterature,litterature — 14 septembre, 2011 @ 1:09

Nous avons aménagé dans notre nouvelle maison, fiers de devenir propriétaires même si toutes les pièces n’étaient pas meublées,si nous n’avions pas de télé et pas davantage de voiture ! Par contre je me souviens très bien que j’avais veillé à garnir chaque fenêtre de très jolis rideaux, ce qui, aujourd’hui ne me semblerait pas la priorité! Et je suis devenue une FEMME AU FOYER. En fait, tout bien calculé les frais de garde des enfants auraient englouti le salaire que j’aurai pu gagner en travaillant.

Bref! Lorsque l’on donne le jour à ses enfants, on se focalise avant tout sur leur bien être et l’on se dit: l’an prochain,l’aîné ira à l’école, le second sera propre et le petit dernier commencera à marcher. On attend toujours quelque chose, pressé de les voir grandir. Grave erreur ! Vous vous en rendez compte lorsque vous conduisez votre petit dernier, votre bébé, pour son premier jour de maternelle. Pour lui,tout se passe bien, il est si souvent venu avec vous accompagner ses frères à l’école, qu’il attendait impatiemment de pouvoir y aller à son tour, tout fier d’être un grand lui aussi! Mais, vous!! Vous vous retrouvez  devant le portail fermé,après avoir laissé votre petit bout de chou qui n’en menait quand même pas large , à la charge de sa maîtresse, sans vous décider à renter chez vous! Pourtant le ménage vous attend.Vous pensiez qu’enfin sans enfants à surveiller, vous alliez entamer un nettoyage à fond avant l’hiver! La maison allait briller comme un sou neuf! Eh! bien! pas du tout! Dans la maison vide vous passez votre temps à regarder les aiguilees de la pendule qui ont l’air d’avancer au ralenti. Puis vous vous retrouvez devant l’école, avec une bonne demi-heure d’avance, pour récupérer votre progéniture. Vous n’êtes d’ailleurs pas seule, vous êtes en compagnie des autres maman, qui, comme vous, déclarent d’un ton pénétré: cet après midi, je le garde à la maison, il doit être fatigué! De toute façons on leur fait faire la sieste l’après-midi!Autant qu’il dorme dans son lit! Et vous rentrez chez vous avec, au moins, le dernier de vos poussins, en attendant seize heures trente, pour retrouver la couvée complète! Il vous faudra bien deux semaines pour vous habituer! Ce ne sont plus vos bébés, ce sont vos enfants et ils grandissent  vite, trop vite! Si vous  êtes jeune maman et que vous lisez ces lignes, croyez en mon expérience, ne soyez pas impatiente et profitez pleinement de chaque instant qui passe. Voir ses enfants  s’éveiller un peu plus chaque jour est un grand bonheur, ne soyez pas trop préssée de les voir grandir !

essais N° 5 (suite)

Classé dans : famille litterature,litterature — 8 septembre, 2011 @ 4:00

Lorsque je relis ces lignes je me souviens qu’effectivement j’ai souvent ressenti au fil des années, l’impression que la vie était pleine de  promesses!  Aujourd’hui je me demande quelles étaient les raisons de cette confiance dans l »avenir? Peut  être notre jeunesse tout simplement, ou encore la faculté que nous avions de vivre  avec toujours un projet, une envie, un espoir! Cette envie d’aller de l’avant était logique puisque à notre époque nous démarrions dans la vie avec presque rien! Le plus petit achat nous apportait beaucoup de joie et nous procurait un réel sentiment de fierté  car nous devions travailler et économiser dur afin de l’obtenir.

C’est incroyable! en me relisant, je me rends compte que je mes pensées rejoignent peu à peu les paroles que nous répétaient  nos parents et qui nous agaçaient tant:  » de notre temps, on était plus heureux! nous savions nous contenter de peu de choses et l’on savait les apprécier!! » et suivait la sempiternelle litanie des heureux moments de leur passé!

Est -ce déjà notre tour d »idéaliser et de regretter notre jeunesse? notre foi dans l’avenir et notre vitalité ? Tout ce qui nous donnait l’impression d’être plus vivants!

Au diable  regrets et nostalgie et reprenons le fil du souvenir, aux jours bénis qui ont vu naître nos trois  garçons.

Pour cela , voici une nouvelle feuille écrite un peu plus tard.

Des trois enfants qui nous sont nés Eric en est l’ainé. Cela lui a valu le grand honneur d »avoir en second prénom celui de son père : ROBERT !

Le second ,BRUNO, est né trois ans plus tard. Si Eric est arrivé parmi nous avec un mois d’avance, son frère, lui, sans tenir compte de notre impatience (surtout en ce qui me concerne!) a allègrement dépassé la date prévue pour sa naissance de quelques jours.

Puis, alors que je prévoyais de reprendre un emploi car nous avions entamé les démarches pour acheter une maison, qui pointe le bout de son nez? PASCAL! seulement seize mois après Bruno! Lui aussi est né prématuré à huit mois.

Parfois ,maintenant que c’est un homme lorsqu’il me taquine (tout en s’en réjouissant) au sujet de mon chauvinisme maternel, je l’appelle « l’accident! » heureusement il a le sens de l’humour! Je confirme d’ailleurs qu’il a été la cerise sur le gâteau. Un bonheur de plus!

Tout les trois ont grandi sans nous donner de soucis particulier concernant leur santé, hormis les inévitables: varicelle, rhume, otites, appendicite, rougeole etc… le lot des parents privilégiés par un sort charitable qui leur a donné des enfants plein de vie et de santé.

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